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Art de vivre & loisirs

Carnet de croquis de voyage : l’objet qui raconte le trajet

Un carnet à la main raconte un voyage mieux qu'une photo. Format, papier, dates à noter, et ce qu'il faut savoir avant de dessiner depuis une photo.

Par Élodie Leroy Publié le 23 octobre 2026 6 min de lecture
Carnet de croquis de voyage : l’objet qui raconte le trajet
Photo Vitaly Gariev / Pexels
Sommaire · 6 min
  1. Pourquoi un carnet à la main change ce qu’on rapporte
  2. Le papier, le format, ce qui résiste au sac à dos
  3. Croquer sur place ou compléter le soir à l’hôtel depuis une photo
  4. Un carnet rempli ne vaut rien sans la date et le lieu notés dessus
  5. Reportage local : s’inspirer des gestes du village sans les copier

Un carnet gonflé de pages froissées, une tache de café sur un croquis de marché, un bout de ticket de bus collé entre deux dessins : ça, c’est un objet qui raconte quelque chose. Une série de photos bien cadrées sur un téléphone, beaucoup moins.

On croise de plus en plus de voyageurs qui reportent, le soir, un visage photographié dans la journée vers une page de carnet — dessiner un portrait depuis une photo fait partie des gestes qu’on apprend vite en voyage, à condition de savoir ce qu’on a le droit de faire avec l’image de départ. On y reviendra. D’abord, parlons de l’objet lui-même : le carnet.

Pourquoi un carnet à la main change ce qu’on rapporte

Un souvenir qui ne dit rien de sa fabrication ne vaut pas d’être rapporté. Un aimant de frigo acheté en gros ne raconte rien. Un carnet rempli à la main, si.

Il porte la trace du geste : le trait qui tremble un peu parce qu’on dessinait debout, la case restée vide parce qu’il pleuvait, la page collée parce que l’encre n’avait pas séché. Rien de tout ça ne se simule après coup.

Et contrairement à une photo stockée dans un dossier qu’on n’ouvre plus, un carnet se feuillette. Il prend sa place sur une étagère, on le ressort, on le montre. C’est un objet utile — au sens où il sert vraiment, pas une babiole qui prend la poussière.

Carnet de croquis de voyage ouvert sur une table en bois, crayon posé à côté

Le papier, le format, ce qui résiste au sac à dos

Un carnet de voyage n’a pas besoin d’être un objet précieux. Il doit juste survivre au sac.

Un format A5 (environ 15 x 21 cm) tient dans la plupart des sacs à dos sans déborder. Une couverture rigide ou semi-rigide protège mieux qu’une couverture souple, surtout si le carnet voyage sous d’autres objets. Côté papier, un grammage de 180 g minimum encaisse un peu d’aquarelle sans gondoler ; en dessous, l’encre traverse et abîme la page suivante.

Un carnet relié à spirale s’ouvre à plat, pratique pour poser la main. Un carnet cousu dos rond tient mieux sur la durée d’un long voyage. Le reste — élastique de fermeture, pochette intérieure pour un ticket ou une feuille séchée — fait la différence entre un carnet qu’on garde et un carnet qu’on jette.

Croquer sur place ou compléter le soir à l’hôtel depuis une photo

Sur place, on n’a pas toujours le temps ni la lumière pour un dessin abouti. On note l’essentiel : la silhouette d’un toit, la posture d’un marchand, trois couleurs griffonnées en marge.

Le soir, on complète depuis une photo prise dans la journée. C’est là que la question des droits se pose, et elle se pose vraiment : une photo qu’on n’a pas prise soi-même — trouvée en ligne, partagée par quelqu’un d’autre, tirée d’une carte postale — appartient à son auteur, même pour un usage personnel non commercial. Dessiner à partir de sa propre photo ne pose aucun problème. Dessiner à partir de celle d’un inconnu, publiée sans licence ouverte, en pose un, même si le carnet ne quitte jamais l’étagère.

Dans le doute, je prends la photo moi-même avant de dessiner dessus. C’est la seule règle qui évite d’y repenser plus tard.

Un carnet rempli ne vaut rien sans la date et le lieu notés dessus

C’est l’erreur la plus bête, et la plus fréquente : un carnet magnifique, rempli pendant trois semaines, sans une seule date. Six mois après le retour, on ne sait plus si cette ruelle dessinée était à Essaouira ou à Chefchaouen.

Une ligne en bas de chaque page — le lieu, la date, parfois l’heure — suffit. Ça prend dix secondes et ça transforme le carnet en vrai journal, pas en suite de dessins flottants.

Le motif ne trompe pas longtemps : relisez un carnet sans annotation deux ans plus tard, vous verrez à quel point les souvenirs se mélangent déjà.

Reportage local : s’inspirer des gestes du village sans les copier

Observer comment les gens du lieu dessinent, peignent ou décorent donne des idées de traits, de cadrages, de couleurs. Ça nourrit un carnet sans jamais le transformer en copie d’un style qu’on ne maîtrise pas.

Pour ça, mieux vaut passer du temps à regarder qu’à photographier frénétiquement. Un reportage dans un village méditerranéen donne une bonne idée de cette manière de prendre son temps avant de dessiner. Et avant même de sortir le carnet, il faut savoir où poser l’appareil : les repères pour prendre des photos sur la place principale d’un village sans gêner les habitants s’appliquent exactement de la même façon au carnet de croquis.

Un dernier conseil, concret : glissez toujours un petit sac plastique dans la pochette du carnet. Entre la pluie, le café renversé et le sable, c’est la protection la moins chère et la plus efficace qu’on puisse emporter.

Pourquoi une recherche reste discrète

La question « dessiner à partir d’une photo, et le droit d’auteur » n’est tapée que quelques fois par mois dans les moteurs de recherche. Pas parce qu’elle importe peu, mais parce qu’on ne se la pose qu’au moment précis où l’on complète un croquis depuis une image qu’on n’a pas prise soi-même — un geste discret, répété carnet après carnet, voyage après voyage.

Un carnet de voyage doit-il être aquarellé pour être réussi ?

Non. Un crayon et un stylo fin suffisent largement. L’aquarelle demande du temps et sèche mal sous un climat humide ; beaucoup de carnets de voyage réussis ne contiennent que du trait.

Peut-on dessiner à partir d’une photo trouvée sur un réseau social ?

Mieux vaut éviter si la photo n’est pas la vôtre et qu’aucune licence ouverte n’est précisée. Partir de ses propres photos évite toute question, même pour un usage strictement personnel.

Quel départ pour votre niveau ?

Élodie Leroy

Élodie Leroy

Rédactrice spécialisée

Élodie se consacre aux loisirs créatifs liés au voyage, proposant des idées d'activités à réaliser en déplacement. Elle valide ses contenus en s'appuyant sur des témoignages et des travaux de recherche.

Publié le 23 octobre 2026

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